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 Les Dix Commandements

   et l’Église catholique


Le Catéchisme de l’Église catholique (CEC) aborde la sexualité dans sa troisième partie, à la deuxième section, celle qui étudie les dix commandements. Le premier chapitre traite des trois premiers commandements, qui se rapportent à Dieu ; le deuxième, de ceux qui concernent le prochain (quatrième à dixième). Donc, c’est au nom de l’obéissance aux dix commandements que l’Église catholique veut imposer ses vues sur la sexualité.

On ne peut alors pas se passer de l’examen de la façon dont les Dix Commandements sont traités.

De fait, afin d’utiliser les commandements mosaïques pour justifier ses propres injonctions dans le domaine sexuel, l’Église catholique a procédé à deux types de manipulations.


Première manipulation : généraliser


Pour expliquer qu’ils doivent s’imposer à tout Homme et justifier que l’on ait à les observer strictement, les chrétiens font des dix commandements de Moïse l’expression de la loi naturelle. Or ce n’est absolument pas ainsi que les Hébreux ont reçu la loi de Moïse : pour eux, il ne s’agissait pas de lois universelles, mais d’un règlement intérieur à leur communauté, afin que leur clan ne se désagrège pas et demeure uni contre "l’extérieur". Car les autres, ceux qui adorent d’autres dieux, on peut les tuer, les réduire en esclavage, leur mentir, en médire, on peut leur voler tous leurs biens, on peut s’emparer de leurs femmes. Et les Hébreux ne s'en sont pas privés. Et que dire d'une soi-disant "loi naturelle" qui définit la femme comme un des biens de son mari, et qui légitime l'esclavage ?


Ni Moïse, ni son dieu lui-même, n’ont voulu établir les bases générales des "devoirs fondamentaux de l’Homme envers Dieu et envers son prochain", n’ont voulu établir des lois qui s’adresseraient à d’autres qu’aux Hébreux.


Deuxième manipulation : transformer la liste


L'Église catholique a en effet une attitude très variable envers les différents commandements de Moïse : parfois elle en demande le respect à la lettre, parfois elle les manipule et en change le sens ; certains, elle les ignore, et, en revanche, elle en invente d'autres. Les dix commandements de l'Église catholique ne sont donc pas comme on le croit trop souvent la traduction des dix commandements de Moïse, loin s'en faut. Ils sont une création ecclésiastique, toujours mise sous l'autorité de Moïse, mais par abus, tellement le nouveau texte est différent de l'ancien.


- Supprimer un commandement


Ainsi le deuxième commandement de Moïse disparaît totalement : " Tu ne te feras aucune image sculptée, rien qui ressemble à ce qui est dans les cieux, là-haut, ou sur la terre, ici-bas, ou dans les eaux, au-dessous de la terre. Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux et tu ne les serviras pas… " disait la Bible (Exode 20, 4-5 et Deutéronome 5, 8-9), qui formulait rigoureusement l'interdiction de la représentation figurée de Dieu comme celle d'autres êtres, devant laquelle on se prosternerait. Pourtant le culte catholique permettra de représenter Dieu, Jésus, Marie, les saints, les anges, ainsi que d'honorer leur représentation, et de les prier. La lutte contre les iconoclastes a même abouti à décréter hérétiques ceux qui voulaient appliquer le commandement biblique (concile de Nicée en 787). L'Église catholique se donne donc le droit d'interpréter des injonctions que par ailleurs elle dit divines et impératives : " Les dix commandements appartiennent à la révélation de Dieu " (CEC 2070). Elle fait même le contraire de ce qu'elle affirme : " Le Décalogue forme un tout indissociable… Transgresser un commandement, c'est enfreindre tous les autres " (CEC 2069). Est-ce que transgresser le deuxième commandement ne serait pas enfreindre tous les autres ?


Dans ce cas particulier, l'Église catholique se reconnaît la possibilité d'argumenter, d'établir la distinction entre adorer la représentation figurée (ce qui est de l'idolâtrie) et vénérer la personne à travers cette représentation (ce qui laisse l'adoration à Dieu seul) (CEC 2132). Elle refuse de prendre à la lettre un commandement, et le rejette. Elle a sans doute raison : au temps de Moise le grand problème religieux était la force du culte des idoles. La Bible rapporte de nombreux exemples d'infidélité du peuple de Dieu, tout prêt à la moindre occasion à retourner au culte du Veau d'or. Mais aux premiers siècles de l'Église ce problème est bien moins crucial. La nouvelle préoccupation des responsables est d'attirer à la jeune religion des gens habitués à recourir à de multiples intercesseurs. L'acceptation des représentations figurées devient une aide à l'expansion de la religion, elle n'est plus du tout un danger.


De fait, en agissant ainsi, l'Église catholique prend en compte la relativité historique et montre bien que les commandements sont datés, promulgués dans une société aux caractéristiques bien particulières, qui ont peu à voir avec celles des nôtres aujourd'hui. Et que donc, a priori, tous les commandements peuvent être l'objet de telles réinterprétations.


- créer un commandement


Cependant, supprimer purement et simplement un commandement créerait un vide. Pour masquer cette absence, le Catéchisme présente les premier et deuxième commandements du Décalogue comme formant, contre toute vraisemblance textuelle, une seule et unique injonction, qui correspondra au seul premier commandement de la liste ecclésiastique ; puis il subdivise en deux le dixième afin de retrouver le nombre de commandements nécessaire : on retombe sur ses pieds, avec un décalogue qui est bien de dix lois, mais au prix d'une nouvelle manipulation. En effet, c'est tout à fait artificiellement que le dixième commandement est subdivisé : il concerne, dans l'Exode, le respect des biens d'un chef de clan patriarcal, sa maison, sa femme, son serviteur, sa servante, son bœuf, son âne, ses autres biens, dans un ordre d'ailleurs significatif. En détacher la femme, et, dans ce contexte, faire de " tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain " un commandement sur la pureté sexuelle (" en pensées, désirs veilleras à rester pur entièrement ") que l'on distinguera des autres convoitises de biens matériels n'est absolument pas dans l'esprit du Décalogue originel. Celui-ci se contente d'affirmer qu'il ne veut pas d'une société où chacun passerait son temps à désirer ce que possède le voisin.


Finalement, on est peut-être en droit de se demander quelle signification a le mot " mensonge " dans la formulation ecclésiastique du huitième commandement (" la médisance banniras et le mensonge également ") : ce commandement ne s'appliquerait-il pas au " mensonge " que représente la présentation des commandements remaniés par l'Église catholique ? N'est-ce pas mentir que d'attribuer au Dieu de la Bible un texte que l'on a changé sur des points essentiels ? N'est-ce pas dénaturer un texte, et lui faire dire autre chose, que d'en transformer l'équilibre, et de passer d'un ensemble consacré pour les trois quarts à Dieu à un autre où seul un tiers le concerne ? Et ces infidélités ne sont pas les seules : il y a encore un autre commandement, tout aussi clair et catégorique, qui est toujours interprété aujourd'hui de manière laxiste : " Tu ne tueras pas " n'empêche pas l'Église catholique d'accepter la peine de mort, la guerre ou la légitime défense (CEC 2263-7, 2307-17). Quelles que soient les raisons invoquées, le fait est là : le commandement n'oblige pas.


Quand on examine comment l'Église catholique s'est comportée envers le Décalogue, envers sa forme comme envers le fond de sa pensée, l'affirmation du Catéchisme prend tout son sel : " Puisqu'ils expriment les devoirs fondamentaux de l'homme envers Dieu et envers son prochain, les dix commandements révèlent, en leur contenu primordial, des obligations graves. Ils sont foncièrement immuables et leur obligation vaut toujours et partout. Nul ne pourrait en dispenser. Les dix commandements sont gravés par Dieu dans le cœur de l'être humain " (CEC 2072).


On ne peut mieux dire !


Et pourtant les exemples précédents démontrent que l'Église cathollique se donne le droit d'en dispenser, de changer l'immuable, de transformer des contenus primordiaux, de sorte que, malgré sa netteté, tout commandement peut voir sa portée réduite, et même annulée.


Tout commandement, sauf celui parlant d'adultère, qui, lui, verra sa portée étendue à l'infini…

Yves Ferroul

(Pour une justification catholique des changements dans la présentation et la formulation des Dix commandements, voir Décalogue de l'Église catholique)

Exemples de formulation catholique des Dix Commandements :


Combien y a-t-il de commandements dans la loi de Dieu ?

Les commandement de la loi de Dieu sont au nombre de dix : Je suis le Seigneur ton Dieu.
1 Tu n'auras pas d'autre Dieu en ma présence.
2 Tu n'emploieras pas en vain le nom de Dieu.
3 Rappelle-toi de sanctifier les fêtes.
4 Honore ton père et ta mère.
5 Tu ne tueras pas.
6 Tu ne feras pas d'impureté.
7 Tu ne voleras pas.
8 Tu ne diras pas de faux témoignage.
9 Tu ne désireras pas la femme d'autrui.
10 Tu ne désireras pas le bien d'autrui.


http://catho.org/9.php?d=brx


D : Quels sont les dix commandements de Dieu ?
R : 1°) Nos devoirs envers Dieu :
  1. — Un seul Dieu tu adoreras et l'aimeras plus que tout.
  2. — Dieu en vain tu ne jureras, ni autre chose pareillement.
  3. — Les dimanches tu garderas, en servant Dieu dévotement.
      2°) Nos devoirs envers le prochain et envers nous-mêmes :
  4. — Tes père et mère tu honoreras, afin de vivre longtemps.
  5. — Homicide point ne seras, de fait ni volontairement.
  6. — Tu ne feras pas d'impureté de corps ni de consentement.
  7. — Le bien d'autrui tu ne prendras, ni retiendras à ton escient
  8. — Faux témoignage ne diras, ni mentiras aucunement.
  9. — L'oeuvre de chair ne désireras, qu'en mariage seulement.
10. — Biens d'autrui ne convoiteras pour les avoir injustement.


http://www.fatima.be/fr/sanctus/prieres/cate06.php

       
            

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