troubles1bis
excitationcommuns
excitationexcessive

excitationcommuns
La douleur
Accueil
La définition de la sexualité
troubles1bis
Les variantes comportementales
sexologue








livresauteurplan
Livre du Mois - Sommaire
Liste des Lettres du mois

  

  

Les troubles de l’excitation sexuelle



Les troubles sexuels communs aux deux sexes sont :


- les difficultés de mise en route, de déclenchement de l’excitation sexuelle ;

- l’addiction sexuelle, ou le caractère excessif de l’excitation ;

- les insuffisances ou les excès du désir, notamment en liaison avec la durée de la relation ;

- la douleur lors des tentatives de réalisation du rapport ou pendant le rapport lui-même ;

- les répercussions du vieillissement sur les fonctions corporelles ou mentales.


Afin que nos explications soient plus pédagogiques, nous allons distinguer le désir qui est « dans la tête », l’envie, de l’excitation physique qui serait la réaction du corps dans une situation érotique. Ce chapitre-ci traite de l’excitation physique. Les troubles du désir sont vus ailleurs.




L’excès d’excitation sexuelle


Un autre problème commun aux hommes et aux femmes à propos de l’excitation sexuelle est son excès éventuel.

Nous n’envisageons pas ici l’excès relatif, c’est-à-dire le fait d’avoir plus envie de sexualité que son compagnon ou sa compagne, problème que nous étudierons dans la partie consacrée aux troubles dans le couple.

Ce dont il s’agit est l’envie irrépressible, l’excitation qui exige une satisfaction immédiate, le besoin que la jouissance laisse inassouvi, et qui renaît très vite, tout aussi impérieux ; qui finit par déstabiliser des personnes gênées par cette préoccupation envahissante, parasitant la pensée, perturbant les activités de la vie courante ou professionnelles.

Tous ces traits caractérisent ce que l’on appelle une « sexualité compulsive ». Elle est à distinguer de la sexualité normale importante, qui peut présenter la même grande fréquence d’actes (jusqu’à cinq, dix ou plus masturbations ou rapports par jour), mais qui est provoquée par une envie avec laquelle on peut jouer, que l’on peut remettre si une autre occupation s’interpose, qui apaise véritablement à chaque fois, qui n’obsède pas l’esprit et ne gêne pas la vie personnelle et sociale.

Le comportement compulsif est tout à fait semblable à celui des personnes boulimiques, ou en manque de drogue, dépendantes du tabac, de l’alcool, du haschisch, de la cocaïne, etc. C’est pourquoi on a pris l’habitude de parler alors « d’addiction sexuelle ».


La cause organique d’un comportement sexuel excessif est à rechercher en priorité. Il peut s’agir :

- d’un excès hormonal (ex. : hypertestostéronémie) ;

- d’une atteinte du cerveau à la suite d’un traumatisme, d’un accident vasculaire, d’une tumeur. Le cerveau n’a alors plus la possibilité de réguler le comportement sexuel ;

- d’un abus de substance toxique (amphétamine, héroïne...) ;

- d’un trouble psychiatrique : psychose, phase maniaque de la maladie bipolaire, trouble anxieux, etc.


De plus, pour des raisons psychologiques, certaines organisations pathologiques de personnalité peuvent développer, du fait d’une composante anxieuse, des comportements compulsifs. Deux éléments sont alors déterminants, et peuvent s’additionner :

  1. Le caractère propre de la personne : une personnalité faible, qui doute de soi, a peur de l’inconnu et de la nouveauté, va développer des comportements rassurants, va les répéter de plus en plus fréquemment, dans un engrenage qui aboutit à rendre obligé le recours à ce comportement. On passe ainsi, selon le degré d’inquiétude, et selon la force contraignante du comportement, du simple rituel à l’état compulsif caractérisé : le rituel consiste, dans une situation donnée, à agir toujours de la même façon pour apaiser l’angoisse ; les compulsions sont des rituels plus organisés et plus indispensables. Si les rituels deviennent trop envahissants, on passe d’une organisation (obsessionnelle) de personnalité à un véritable trouble obsessionnel compulsif (T.O.C.). Un stade de plus est atteint, car l’obsession s’installe, le recours au rituel devient totalement contraignant et excessif.

  2. Le contexte de vie : des échecs répétés, un stress trop important, une période noire de l’existence, etc., toutes sortes de renforcements négatifs peuvent amener à recourir de façon stéréotypée à un comportement qui marchera bien, qui apportera un apaisement, qui rassurera, redonnera de la confiance en soi. Et le même engrenage de dégradation peut se mettre en place si la situation négative perdure, du simple rituel à la compulsion et au T.O.C.

Quand la compulsion à laquelle on recourt est du domaine sexuel, on a affaire à une sexualité compulsive, à un excès d’excitation sexuelle.

On verra ainsi, par exemple, une femme pratiquer de multiples masturbations quotidiennes sans véritable détente. En effet l’excitation revient très vite, avec l’envie de recommencer à tout prix. La seule chose que l’on ait en tête est comment parvenir à ses fins : chez soi, sans se faire remarquer par les éventuels familiers ; au travail, en s’isolant, se cachant derrière son bureau, allant fréquemment aux toilettes… Passer à l’acte devient la préoccupation principale, au détriment des obligations habituelles. L’orgasme finit par ne plus donner de réel plaisir. Se masturber est une contrainte, pas une joie.

Une telle compulsion peut être provisoire, causée par un événement stressant mais ponctuel : épreuve sportive, examen, entretien d’embauche, par exemple. Elle disparaît alors avec sa cause. Mais la masturbation compulsive devenue addiction, elle, n’a pas de cause particulière et s’installe dans la durée, pouvant même s’aggraver avec le temps. Elle gâche la vie.

Un autre cas peut être donné par un homme ou une femme qui a besoin d’un rapport souvent, n’importe où, n’importe quand, avec n’importe qui. Quand l’envie prend, il faut la satisfaire le plus vite possible, quitte à courir des risques personnels ou à en faire courir à autrui : en élaborant des stratégies au lieu de remplir ses obligations, en provoquant quelqu’un qui ne devrait pas être un ou une partenaire, en se mettant en danger d’être surpris(e), etc. Il n’y a pas de désir mais un besoin, et la situation est vécue avec culpabilité, remords, sentiment de dévalorisation, d’humiliation.



L’addiction sexuelle, la sexualité compulsive, est un trouble sérieux qui peut déstabiliser gravement une personne, un couple, une famille.



Yves Ferroul

Haut de page

    Sexodoc      Site de documentation et de réflexion sur la sexualité