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Anecdotes historiques sur les objets en sexualité



          

          La Bible


          Tu as pris les bijoux d’or et d’argent que je t’avais donnés et tu t’es fait des images d’hommes pour servir à ta prostitution.  (Ézéchiel, 16,17)


Les grecques du IIIe siècle avant notre ère


Ayant vu chez une amie un de ces instruments de plaisir, une jeune femme, Métro, lui demande comment elle a pu se le procurer. L’amie indique la propriétaire, une connaissance commune, Corytto. Métro se rend alors chez Corytto et l’interpelle :

- Je t’en supplie, sans me tromper, ma chère Corytto, dis-moi qui t’a façonné cet olisbos écarlate ? […]

- C’est Cerdon qui l’a fait… Il travaille en chambre, pour vendre en cachette… Mais son travail, quel travail ! Tu croirais voir la main d’Athéna elle-même… Pour moi (car il en avait deux quand il est venu) d’envie, à les voir, les yeux me sortaient de la tête ! Les hommes n’atteignent pas cette rigidité. Et il n’y a pas seulement cela, mais la douceur, un rêve ! Des attaches qu’on croirait de laine, non de cuir ! Tu auras beau chercher, tu ne trouveras pas pour une femme un plus gentil cordonnier… Il m’était envoyé par Artémis, qui lui avait donné l’adresse…

- Cette Artémis fait toujours des trouvailles…

(Hérondas, Mimes, « Les amies ou les intimes »)


La Renaissance


Brantôme évoque aussi ces « machinae feminarum » citées par les pénitentiels du Moyen Âge. Les amours féminines, précise-t-il, se concrétisent de deux façons, les unes par caresses et par frottements des sexes, façon qui n’apporte pas de dommages, les autres quand on s’aide d’instruments artificiels appelés « godemichés » : « j’ai ouï conter qu’un grand prince, soupçonnant deux dames de sa cour d’en utiliser, finit par les surprendre : l’une en avait un gros entre les jambes, gentiment attaché avec de petites bandelettes à l’entour du corps ; il semblait un membre naturel. Elle fut si surprise qu’elle n’eut loisir de l’ôter ; si bien que ce prince la contraignit de lui montrer comment elles deux s’en servaient. (Les Dames galantes, premier discours)


On raconte aussi à la cour, à la même époque, que, lors d’une inspection du Louvre à la recherche d’armes cachées, le capitaine des gardes a trouvé dans le coffre d’une femme non pas des pistolets, mais « quatre gros godemichés gentiment façonnés » qui firent bien rire de l’infortunée…


Ronsard, lui, va adresser un sonnet vengeur à la belle Hélène de Surgères : il la courtise en vain depuis longtemps, et voilà qu’il apprend qu’elle possède un de ces objets !

Ce n’est donc pas la froideur qui la rendait difficile, « ce n’est pas par crainte de la religion ou des lois de l’honneur qu’elle s’est refusée » :


                             Amour, je ne me plains de l’orgueil endurci

                   Ni de la cruauté de ma jeune Lucrèce,

                   Ni comme sans secours languir elle me laisse :

                   Je me plains de sa main et de son godmici.

                             C’est un gros instrument qui se fait près d’ici,

                   Dont chaste elle corrompt toute nuit sa jeunesse :

                   Voilà contre l’Amour sa prudente finesse,

                   Voilà comme elle trompe un amoureux souci.

                             Aussi pour récompense une haleine puante,

                   Une glaire épaissie entre les draps gluante,

                   Un œil have et battu, un teint pâle et défait,

                             Montrent qu’un faux plaisir toute nuit la possède.

                   Il vaut mieux être Phryne et Laïs tout à fait,

                   Que se feindre Portie avec un tel remède.


L’amour platonique dont on nous a fait miroiter les vertus au lycée se fonde donc très prosaïquement sur une recherche de la jouissance sans risque. La poésie y perd peut-être, le plaisir, lui, y gagne infiniment... sauf pour le jaloux.


Le XIXè siècle, et les premiers appareils vibrants.


 Au XVIIIè s., la phobie de la masturbation se généralise, et les médecins réfléchissent aux maux comparés de la trop grande stagnation des humeurs dans le corps ou de leur trop grande élimination hors du corps. Ils retrouvent dans Galien "l'histoire d'un homme et d'une femme que l'excès de semence rendaient malades, et qui furent guéris en renonçant à la continence qu'ils s'étaient imposée". Pour Galien, donc, la rétention de cette humeur est capable de produire des "accidents très fâcheux".

Buffon écrit : "Le trop long séjour de la liqueur séminale dans ses réservoirs peut causer des maladies dans l'un et l'autre sexe, ou du moins des irritations très violentes" (Histoire naturelle de l'Homme).

L'hystérie féminine trouve là une cause "évidente", et les médecins prônent comme remède la provocation de l'éjaculation de cette humeur pernicieuse : "J'ai vu à Montpellier, dit Samuel Tissot, une observation semblable en tout à celle de la femme dont parle Galien. Une veuve très robuste, âgée de près de quarante ans, qui avait joui très souvent, pendant longtemps, du physique de l'amour, et qui en était privée depuis quelques années, tombait de temps en temps dans des accès hystériques si violents qu'elle perdait l'usage des sens ; aucun remède ne pouvait dissiper les accès ; on ne pouvait les faire finir que par de fortes frictions des parties génitales, qui lui provoquaient un tremblement convulsif suivi d'une abondante éjaculation, et, dans le même instant, elle recouvrait ses sens. L'on a publié depuis la première édition de cet ouvrage trois observations entièrement analogues, l'une de M. Weber, médecin à Vaslrode..., les autres de M. Befbeder, médecin à Bordeaux..." (Samuel Tissot, L'Onanisme, La Différence, 1991 (1760), p.175).

Mais cette technique thérapeutique est longue, et dévoreuse de temps, car il faut compter une heure en moyenne par patiente ! Les médecins vont profiter des découvertes scientifiques pour essayer d'améliorer le rendement. Dès 1829 Georges Taylor invente un appareil à vapeur. Mais il est trop volumineux. On imagine alors un appareil mécanique, plus maniable, où une manivelle permet de faire tourner rapidement un disque légèrement décentré qui provoque la vibration d'une tige caoutchoutée.

Le rendement des thérapies est nettement amélioré.

En 1880, le médecin britannique Joseph Mortimer Granville (1833-1900) construit le premier vibrateur utilisant l'électricité, et permettant de traiter six patientes à l'heure.

En 1900, la production s'est diversifiée et enrichie, et à l'Exposition Universelle de Paris seront présentés de nombreux modèles électriques ou à essence, la vapeur ne permettant décidément pas la même miniaturisation.


Le XXè siècle


La production de masse, et la diminution de l'encombrement, permettent d'envisager l'usage privé de ces appareils. La publicité s'en mêle, argumentant sur les effets bénéfiques pour la santé : ce sont bien sûr les U.S.A. qui se retrouvent à la pointe du progrès, prenant le relais de l'Angleterre et de l'Europe. Les maris sont encouragés dans les magazines féminins à offrir un de ces appareils à leurs épouses "pour la bonne marche du foyer et pour la relaxation de la femme".

Au début du XXè siècle, le vibromasseur est l'un des cinq objets électriques présents dans les foyers, avec la machine à coudre, le ventilateur, la bouilloire et le grille-pain.

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Dessin d'après un vase

(430 avant notre ère)

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