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Les pervers

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L'agression sexuelle




Nous avons des patients qui nous consultent en évoquant des besoins irrésistibles et des risques de passage à l’acte : des hommes dont les compulsions les amènent à ne pas pouvoir se retenir de harceler une femme qui n’y peut mais, des femmes que des bouffées de désir pousseraient à provoquer le premier venu.

Si ces personnes consultent, c’est qu’elles ont des moments de lucidité et ont peur des conséquences qu’un passage à l’acte éventuel aurait pour la victime, pour elles-mêmes, leurs conjoints, leurs familles... Peur simplement de devenir délinquantes ou criminelles.


Le dérèglement du contrôle comportemental


Toute notre biologie est régulée par une multiplicité de systèmes de contrôle en boucle : par exemple, une baisse du sucre dans le sang entraîne une augmentation de sa libération, et cette augmentation, à partir d’un certain seuil, freinera puis stoppera la libération.

Pour la sexualité, notre cerveau reptilien, le plus primitif, déclenche à partir de certains signaux notre excitation sexuelle. Celle-ci est régulée par notre cerveau mammifère qui s’est développé notamment pour la prise en compte des autres individus du groupe afin que soit possible une vie sociale, avec, particulièrement, la protection prolongée des petits et la coopération entre adultes qu’elle suppose. Notre cortex cérébral proprement humain ajoute à la boucle de rétroaction la prise en compte de tout le symbolique, de la loi, des tabous du groupe, etc.

C’est pourquoi un individu dont le développement cérébral a été normal peut gérer ses pulsions sexuelles en fonction de la réponse de l’autre (« entre personnes consentantes »), en fonction des règles de bienséance (il y a des moments et des lieux où l’avance sexuelle est déplacée) et en fonction des règles du groupe (par exemple, entre adultes consentants). Il a appris depuis sa naissance à tenir de plus en plus compte des autres membres du groupe, évoluant du nourrisson qui ne connaît que ses propres désirs jusqu’à l’adulte respectueux d’autrui, intégré socialement.

Mais tout déficit de neurotransmetteurs, toute atteinte des zones cérébrales concernées, empêchera la mise en place de ce rétro contrôle, comme toute atteinte (par exemple, une tumeur cérébrale) peut déréguler un contrôle existant. La personne concernée ne pourra pas tenir compte des autres, elle n’en a pas les moyens : elle sera ce que l’on appelle proprement un « pervers ».


Comment agir ?


Il est peu efficace de vouloir agir en faisant appel à la morale (« ce n’est pas bien... »), ou à la psychologie : le pervers profond n’a même pas l’idée que son comportement est nocif, voire illégal. Ceux qui nous consultent ont conscience du danger, eux, mais n’ont pas les moyens de se maîtriser : ils ont la volonté, ils ne peuvent pas l’appliquer, et aucun raisonnement, aucune écoute bienveillante ne pourra le leur permettre. Notre rôle est donc de leur fournir les moyens de la maîtrise : il existe aujourd’hui des médicaments qui, en remplaçant les neuromédiateurs absents, permettent de baisser l’anxiété, d’affaiblir les pulsions, c’est-à-dire d’agir sur la mécanique biologique en donnant aux patients les moyens de contrôler leur comportement. Nous avons plusieurs patients victimes de ces pulsions non maîtrisables, dont certains ont fait l'objet de plaintes pour harcèlement : sous traitement, ils n'ont plus ce type de pulsions, découvrent une sérénité de vie, un calme intérieur, qu'ils avaient perdus depuis très longtemps, s'émerveillent de pouvoir mener une vie "normale"...


L’absence de maîtrise des pulsions sexuelles est une maladie psychiatrique. Et cette maladie, dans beaucoup de cas, peut bénéficier de traitements qui en limitent fortement les conséquences négatives.



cf. aussi "L'excès d'excitation sexuelle"




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