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Caractéristiques de la sexualité humaine


« Nul homme, nulle femme digne de sa condition d'être humain,

ne saurait, se privant d'amour, trahir ses admirables aïeux

qui nous ont permis de nimber de tant de plaisirs, de tant de joies,

de tant d'émerveillements les gestes qui transmettent la vie »

                                Gérard Zwang, Aux Origines de la sexualité humaine.


 


Sommaire :

Des Reptiles aux Humains, la sexualité a beaucoup évolué, si bien que :

            -1. La sexualité humaine est 100% naturelle et 100% culturelle.

  • les humains ne peuvent accomplir que ce que leur corps leur permet ;

  • mais leur corps ne les contraint à aucun comportement particulier.

-2. Même se reproduire ne peut se faire automatiquement pour les humains.

-3. À plus forte raison, rechercher du plaisir n'est pas préformaté et oblige à recourir à la caractéristique essentielle des humains par rapport aux animaux, l'imagination.


Conclusions :

- Dans l'espèce humaine, les comportements sexuels s'apprennent nécessairement.

- Aucun comportement n'est imposé par la « nature » humaine, aucun comportement n'est « naturellement » incontournable.

- Même le désir sexuel est pour l'essentiel libre du conditionnement biologique.

 




L'étude de l'évolution de la sexualité des animaux, des mammifères, des primates puis des humains (cf. « Éthologie ») amène à conclure que :

  

  1. La sexualité humaine est « 100% naturelle et 100% acquise ».


En effet, tout ce qui la constitue ne peut s'accomplir que dans le cadre naturel strict d'un corps humain ayant ses spécificités anatomiques et biologiques propres. S'il est difficile à un taureau de caresser les reins d'une vache avec ses sabots, ou à un couple de rhinocéros de prendre la position d'Andromaque, la main humaine et le corps humain permettent « naturellement » caresses et variété des positions.

Mais l'évolution ayant abouti à la perte des réflexes comportementaux (cf. « Éthologie »), le petit humain doit apprendre à vivre sa sexualité pour pouvoir répondre aux pulsions, et il le fait dans une société donnée, conditionné par la culture de son milieu.

Cependant, il n'y a là rien d'étonnant ni même de spécifique. Et, dans d'autres domaines, d'ailleurs, le résultat de l'évolution est plus extrême : si, sans l'apprendre, les oiseaux savent construire leur nid et les lapins creuser leur terrier, si les grands singes dormant dans les arbres apprennent tous à construire chaque soir leur nid de feuillage, les humains ont tellement amélioré leur habitat qu'ils sont personnellement incapables de le fabriquer et qu'il faut des écoles spécialisées pour former les architectes et les professionnels qui bâtiront les maisons.

Nous pouvons aussi prendre l'exemple de la nourriture. Manger est cent pour cent « naturel », c'est évident. Mais dès que l'on veut passer à l'acte, plus rien n'est naturel, tout est culturel : les heures des repas, leur nombre par jour, le lieu où l'on mange (dehors, dans une pièce spéciale, dans une pièce commune…), les outils utilisés (main, fourchette, baguette, bol, assiette ; la présence ou non de sièges puisque l'on mange aussi bien accroupi, assis, couché…), les personnes qui mangent ensemble (femmes à part ou non ; chacun se servant quand il veut dans le frigo…), et, bien évidemment, ce que l'on mange et la façon de préparer la nourriture. L'alimentation de base (riz, pain, pomme de terre, maïs, pâtes…) caractérise d'ailleurs une culture, et, même, certains aliments appréciés ici seront considérés comme répugnants ailleurs : insectes, escargots, grenouilles, singe, rat, chien… Sans compter l'infinie variété des préparations des plats qui définissent les différents arts culinaires du monde.

Manger aussi est ainsi à la fois totalement naturel et totalement culturel.

Donc, dans l'activité sexuelle humaine, comme dans l'activité alimentaire, aucun comportement n'est imposé par la nature, aucun n'est plus « naturel » qu'un autre, tout est autant culturel.

On peut même aller très loin dans ce sens. La science-fiction a depuis longtemps imaginé un futur où de simples pilules remplaceraient la nourriture habituelle, rendant inutiles les dents pourtant là « naturellement » pour couper et mâcher, et nous savons aujourd'hui fabriquer ces pilules. De même, les perfusions nous permettent de nourrir de grands malades sans utiliser ni la bouche, ni les dents, ni le tube digestif, ni l'estomac… En sexualité, la reproduction peut se passer déjà de l'éjaculation intravaginale pourtant « naturelle » chez les mammifères grâce aux différents procédés de fécondation imaginés par l'esprit humain afin de contourner les problèmes de stérilité…

Le fait est là, massivement présent dans la vie humaine : l'humanisation, le passage du monde animal au monde humain, s'est effectuée d'une part en perdant les automatismes de survie, d'autre part en remplaçant ces automatismes par des comportements nouveaux que le développement du cerveau permettait d'acquérir, quitte à contourner ou détourner l'utilisation « naturelle » de certaines parties du corps humain.

Les conditionnements « naturels » ont ainsi été éliminés dans tous les domaines grâce à l'utilisation d'une spécificité naturelle des humains, l'imagination.

En somme, la nature de l'espèce humaine est d'être une espèce dont toutes les activités et tous les comportements sont culturels.


  

  1. L'apprentissage est obligatoire, même pour la sexualité de reproduction.


Le premier sens du mot sexualité aujourd'hui (mais non son seul sens, cf. « Sexualité ») concerne la reproduction de l'espèce.


Dans l'échelle d'évolution des mammifères, les plus primitifs d'entre eux n'ont besoin d'aucun exemple pour savoir automatiquement s'accoupler. Tout est automatique chez eux. Un cerf et une biche vont passer onze mois côte à côte sans aucun comportement relevant de la sexualité. Puis, de manière synchronisée, une poussée hormonale mettra la femelle en chaleur et le mâle en rut : le mâle n'aura plus qu'une obsession, chasser les autres mâles pour, s'il est le vainqueur, pénétrer les femelles. Mais dès que le taux d'hormones retombe, le cerf redevient sexuellement indifférent à la biche. En chaleur, la biche n'a pas à faire d'efforts de séduction, de maquillage, de brossage de poil, ou je ne sais quoi pour attirer l'attention du mâle : les hormones suffisent. Tandis que, en dehors de la période de chaleur et de rut, biches et cerfs sont côte à côte sans aucun regard sexué l'un pour l'autre, sans plus rien de sexuel dans leur vie. La sexualité animale générale est une sexualité de pure reproduction, strictement dépendante des hormones, et réalisée par des comportements innés automatiques et stéréotypés.

Mais déjà au niveau des rats cet automatisme n'existe plus : un petit rat élevé hors de la présence d'adultes ne saura pas, une fois atteinte sa maturité, s'accoupler, malgré son désir instinctif. Le désir est toujours automatique, conditionné par les hormones, mais le comportement ne suit pas : une femelle ne saura pas creuser les reins pour permettre que le mâle la pénètre, le mâle ne saura pas monter la femelle qui se met en position devant lui.

À un niveau plus élevé, chez les primates, on retrouve la même incapacité à s'accoupler chez des singes séparés dès la naissance des adultes. Mais un adulte expérimenté peut aider le néophyte et lui apprendre à réaliser l'accouplement, afin de permettre qu'aboutisse le désir qu'il ressent sans savoir quoi en faire.

Cette évolution, parallèle à la complexification du cerveau des mammifères depuis les moins évolués jusqu'aux singes primates et aux humains, a les mêmes conséquences dans d'autres domaines essentiels : le petit de la gazelle sait très vite et spontanément marcher et courir, car il y va de sa survie, pas le petit humain pour qui l'évolution des conditions de vie du groupe n'en fait plus une nécessité, et qui devra apprendre à marcher par un long apprentissage progressif étalé sur plusieurs mois, ne débutant d'ailleurs que longtemps après sa naissance.

Donc, en sexualité de reproduction, le petit humain élevé sans renseignement ne saura pas agir. Or, à l'inverse des sociétés primates ou les petits ont tout loisir de satisfaire leur curiosité en regardant de près les ébats des adultes, nos sociétés contemporaines ne permettent pas ce type d'apprentissage à leurs petits : il faudrait donc qu'elles mettent en place d'autres sources d'information. Mais beaucoup d'esprits bien-pensants refusent qu'on y recoure, dans leur obsession que toute connaissance dans ce domaine précipiterait les jeunes dans une débauche effrénée.

À notre étape d'évolution, les seules choses sexuelles qu'un humain n'a pas à apprendre c'est comment entrer en érection et comment faire sortir le sperme : érections et éjaculations sont les seuls comportements sexuels réflexes innés qui nous restent. Certains disent les mouvements pelviens aussi, mais cela semble moins sûr. (Quant à la lubrification vaginale, autre réflexe inné, elle pose d'autres problèmes. cf. Lubrification). Ces deux réflexes innés ont suffi à assurer la croissance de l'espèce en l'absence de périodes contraignantes de rut et de chaleur. C'est-à-dire que, grâce à eux, des jeux sexuels orientés essentiellement vers le plaisir ont abouti quand même à un nombre suffisant de grossesses et de naissances ! Il faudra garder en mémoire ce caractère de réflexes innés pour l'érection et l'éjaculation quand on aura à se préoccuper des troubles en ces domaines : l'attitude ne peut être la même que devant des troubles portant sur des comportements appris.

Enfin il est à noter que cette sexualité de reproduction s'appuie sur un comportement très stéréotypé, et très simple, figé par les particularités de l'espèce. En effet, même si toutes les sociétés humaines n'ont pas adopté une position unique d'accouplement (comme c'est le cas pour quasiment tous les autres mammifères, et espèces animales, en général) (cf. Histoire/Comportements/Positions), on peut facilement énumérer les étapes du comportement reproductif humain : une pénétration vaginale du pénis, et des mouvements jusqu'à l'éjaculation du sperme.

Alors que la sexualité de jeu offre une infinité de réalisations, à la mesure de l'imagination humaine.

  

  1. La sexualité de jeu est totalement libre.


Le deuxième sens du mot sexualité concerne le comportement de plaisir. Dès l'Antiquité, en Égypte, au Moyen-Orient, en Grèce, à Rome, on distinguait les dieux et déesses de la fécondité de ceux du plaisir : Éros-amour, Aphrodite-Vénus, Ishtar... (cf. Religions et Sexualité).

Ce comportement de plaisir est dénigré par certains courants de pensée, religieux ou non. Or le jeu gratuit avec toutes les fonctions vitales est une caractéristique essentielle de l'espèce humaine.

Nous avons en commun avec les animaux, pour pouvoir survivre individuellement, la nécessité de nous nourrir, de nous protéger des intempéries, de protéger les petits (nids, tanières). Pour survivre comme espèces, nous devons nous reproduire. Les animaux qui vivent en groupe doivent émettre des sons et faire des gestes afin de se communiquer des informations, notamment par rapport aux dangers, aux prédateurs, mais aussi à propos de la nourriture, etc. Il y a là une base contraignante de comportements sans lesquels une espèce ne peut durer ni un individu particulier, survivre.

Les humains, à partir de ces obligations, ont construit au fil du temps d'autres comportements d'une très grande diversité et d'une richesse sans égale dans le monde animal.

Par exemple, quelle différence de comportement alimentaire entre les gazelles broutant leur herbe et les humains consommant des plantes : ils pourraient les manger telles quelles, bien sûr, mais préfèrent préparer une vinaigrette pour leurs salades, et cuire au four leur gratin d'épinards ! C'est-à-dire qu'ils passent plusieurs heures à jouer seulement pour le plaisir avec la simple présentation de leur nourriture !

Il en est de même pour toutes les autres fonctions car l'humanisation est fondée sur le développement du cerveau : celui-ci met à la disposition des individus une multiplicité de neurones libres de tout fonctionnement obligé, donc utilisables au gré de l'imagination infinie de l'espèce.

Mais les humains ne sont pas seuls à connaître le jeu. Pour d'autres mammifères aussi le jeu a une place dans la vie, et une fonction qui évolue de même avec la complexification du cerveau. Ainsi, quand une espèce n'a rien à apprendre, quand tout est automatique pour elle, elle ne joue pas. Tandis que, quand les mâles bouquetins doivent savoir se battre, on voit les petits s'affronter dans des jeux d'apprentissage au combat. Les petits impalas jouent à se poursuivre et à sauter afin d'acquérir l'habileté qui leur sauvera peut-être la vie plus tard. Les lionceaux et les louveteaux jouent avec leurs frères et soeurs afin de s'entraîner à la chasse en groupe. Les chatons jouent à attraper tout ce qui bouge. Mais ce type de jeux cesse à l'âge adulte, une fois l'habileté acquise. Seuls les singes, les dauphins et les animaux au contact des hommes gardent une capacité de jouer toute leur vie : un chien peut ainsi toujours jouer à ramener un bâton ou une balle ; les primates adultes peuvent continuer à passer du temps à se balancer dans les branches, à se poursuivre, à « faire faire l'avion » à leurs petits... Les grands singes seront d'ailleurs les seuls mammifères capables d'agrémenter leurs comportements vitaux d'éléments « gratuits » : saler leur nourriture ou laver les racines pour enlever la terre, par exemple. Et chez les Bonobos, des chimpanzés du Congo, se caresser, s'embrasser, s'unir, se faire jouir en multipliant les façons d'y parvenir, seulement pour faciliter les relations sociales, ou pour montrer son attachement à l'autre avec qui l'on a une relation privilégiée.

Au sommet de cette évolution, dotés du cerveau le plus gros, les humains vont, eux, jouer systématiquement avec tous leurs sens, et ne les utilisent pas uniquement pour leurs besoins « naturels » de survie : l'ouïe (avec la musique et les nombreux instruments destinés à produire une extraordinaire variété de sons « inutiles » ; le chant, et ses constructions parfois d'un grand raffinement, du rap à l'opéra, pour rien de nécessaire à la survie des individus ou de l'espèce) ; la vue, avec le dessin et la peinture, la photographie, ou encore le maquillage, les habits ; l'odorat et la création subtile des parfums ; le goût et l'absolue inutilité de la bouchée au chocolat ou du cassoulet toulousain ; le toucher et les tissus, les crèmes… sans oublier les caresses, les baisers.

Depuis longtemps la sexualité humaine a été concernée par ce processus d'humanisation et comporte une grande variété d'éléments qui n'ont plus grand chose à voir avec la survie de l'espèce et n'ont été élaborés que pour mieux jouer avec les sensations et les émotions. Un baiser est aussi inutile que le Don Juan de Mozart ; le vibromasseur ou la fourchette complètent tous les deux les possibilités de la main, sans nécessité vitale, puisque celle-ci est capable toute seule de caresser comme de prendre la nourriture et la porter à la bouche ; passer un quart d'heure à frôler et faire frissonner un dos n'est pas plus nécessaire à la reproduction que n'est nécessaire à l'alimentation de le passer à échauder des tomates, les peler, les couper en rondelles et hacher du persil.

 



Conclusion


Notre analyse des caractéristiques de la sexualité humaine a des conséquences sur la façon d'appréhender le rôle de la sexualité dans la vie des êtres humains et de comprendre sur quoi agir pour l'épanouir ou pour corriger les troubles éventuels.

D'abord, sans période prédéterminée et sans comportements prescrits, même la sexualité de reproduction doit s'apprendre et subit un conditionnement social.

Mais ce conditionnement n'est que social, culturel donc, et ne doit pas être pris pour une expression de la « nature » humaine.

La nature de l'espèce humaine, elle, n'est pas enfermée dans telle ou telle réalisation liée à telle société. Elle réside essentiellement dans le jeu avec les possibilités d'excitation et de plaisir. Ce qu'il y a de plus naturel à l'espèce dans la sexualité humaine, ce qu'il y a donc de moins animal, c'est la capacité de rechercher le plaisir pour le plaisir, de jouer avec toutes les composantes de l'activité sexuelle afin d'en explorer les différentes possibilités, jusqu'aux limites psychologiques et physiques, et même en franchissant ces limites, en bousculant les règles.

Comme dans tous les autres domaines.

Et bien évidemment, comme toujours, avec pour garde-fou les principes que la société s'est donnés pour faciliter la vie du groupe, les lois de la communauté.


S'affranchir des contraintes biologiques animales a abouti pour l'espèce humaine à l'apparition d'une fonction organique nouvelle à côté des fonctions vitales primitives, celles qui assuraient la survie des individus et de l'espèce (fonctions digestive, respiratoire, circulatoire sanguine... et reproductrice) : la fonction érotique. Celle-ci pousse les individus à apaiser un besoin organique fort en recherchant une satisfaction orgastique. Une des preuves de l'existence de ce besoin impérieux est que, si cette satisfaction n'est pas éprouvée depuis un certain temps, le corps la déclenchera automatiquement, chez les hommes avec l'éjaculation nocturne, aussi bien que chez les femmes avec des orgasmes spontanés pendant le sommeil.

Cette fonction orgastique s'est tellement développée, à l'intérieur du développement général des comportements de jeu et de plaisir, qu'elle a fait passer au second plan la fonction reproductrice : depuis très longtemps la recherche d'excitation génitale n'est plus causée dans l'espèce humaine par les périodes de chaleur et de rut, et ne l'est qu'exceptionnellement par la volonté consciente de reproduction. Mais l'espèce a gardé des automatismes organiques qui font que suffisamment de jeux de recherche de plaisir ont abouti, sans que cela ait été leur but, à des grossesses et à des naissances : ainsi la lubrification vaginale, automatique à la moindre excitation (cf. Lubrification), rend les femmes enclines à ne pas refuser les pénétrations parce que celles-ci sont ainsi facilitées et sans douleur. L'érection et l'éjaculation automatiques des hommes rend la fécondation possible alors que ce n'est pas ce qu'ils sont en train de rechercher. L'espèce humaine a ainsi pu proliférer malgré l'absence des automatismes donnés par les périodes de chaleur et de rut, communes aux autres mammifères (excepté quelques autres primates).


Un tel affranchissement des conditionnements rend la vie sexuelle humaine plus problématique que celle des animaux : si le désir n'est pas déterminé totalement par une période de chaleur ou de rut, et comme il ne peut que s'affaiblir avec l'habitude (ainsi que toutes les sensations, d'ailleurs), comment faire pour l'entretenir, le renouveler, le vivifier, et aussi le synchroniser avec celui de l'autre, le faire naître au moment choisi ? Si la sexualité humaine ne consiste pas en une séquence comportementale automatique, et qu'elle est fondée sur le jeu avec les sensations et les émotions, encore faut-il savoir jouer et aimer jouer, avoir appris à le faire, avoir un jeu assez riche pour s'adapter au jeu de l'autre...


Comme le dit le docteur Gérard Zwang, pour être digne de nos aïeux, pour être à la hauteur de l'humanité qu'ils nous ont construite et transmise, chacun a la responsabilité de ce qu'il fait de sa vie sexuelle : la mettre de côté pour investir dans d'autres domaines de l'épanouissement humain ; ou vivre pleinement son humanité dans ce domaine. Tandis que la limiter au comportement animal de reproduction ne peut apparaître que comme indigne.

Et sa sexualité sera pleinement humaine quand, par son activité d'être humain, chacun aura transformé pour lui aussi le banal coït reproducteur en une activité d'une richesse incomparable.


  

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