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Religions et sexualité



Étymologiquement, la religion est " ce qui relie " : elle relie les êtres humains d'abord aux autres humains, mais aussi à l'ensemble de la Nature et en particulier aux puissances secrètes. Or la sexualité aussi nous relie aux forces vives de la Nature, à la fécondité animale, à la fertilité végétale. Religion et sexualité ont ainsi le même but, et sont inséparables : faire l'amour, c'est participer à l'énergie vitale du monde, c'est avoir son esprit qui fusionne avec les esprits divins.


Les mythes religieux de la sexualité


Les histoires que les civilisations ont inventées pour raconter comment se réalisait cette fusion, nous les appelons des mythes. Les mythes parlent des trois composantes de la sexualité, en imaginant trois types de couples divins : pour la fécondité, le couple d'un dieu père et d'une déesse mère, à l'origine de toute vie ; pour le désir sexuel et le plaisir, le couple du dieu amant et de la déesse amante, qui donne un caractère sacré à la jouissance ; pour le mariage, le couple du dieu époux et de la déesse épouse, modèle de toutes les noces.

Les rites religieux chercheront à reproduire l'action de ces couples divins, avec les diverses cérémonies de fertilité, par exemple, ou la prostitution sacrée, qui se retrouvent dans toutes les religions primitives.


Les Hébreux


La religion des Hébreux va s'opposer à toutes les religions des peuples qui les environnent en proposant un dieu unique, sans aucune déesse, un père sans mère : le modèle de comportement sexuel ne sera plus un couple divin, donc il n'y aura plus de sexualité dans les rites religieux. Le modèle n'est qu'humain, c'est le couple d'Adam et Ève ; et la Bible raconte que ce couple a reçu un ordre de Dieu : " soyez féconds, multipliez, emplissez la terre ! " (Genèse, 1, 28). Les Hébreux gardent la polygamie, le concubinat, le divorce. Pour eux, la vie sexuelle est importante car elle est obéissance à l'ordre divin.


Les juifs


La religion juive, qui se réfère à la Bible, accorde toujours une valeur spirituelle au plaisir : désir et plaisir sont au centre de la réalité humaine, ils sont l'énergie qui fait fonctionner l'être humain. De plus, hommes et femmes sont égaux devant le plaisir, la femme ayant le droit de demander que son désir soit assouvi. Mais la sexualité n'est pas complètement libre avec l'obligation d'être dans l'obscurité, de ne dénuder que l'indispensable, d'ignorer les préambules, de ne pas se servir de ses mains (pour, par exemple, caresser le sexe de l'autre), d'exclure les contacts buccogénitaux. Toutes ces interdictions s'ajoutent aux périodes d'abstinence, pendant les règles, au début des grossesses, après les accouchements (40 jours si c'est un garçon, 80, si c'est une fille), pour les deuils, etc., si bien qu'il est difficile de parler d'épanouissement de la sexualité : celle-ci y apparaît plus comme une participation à un rite sacré que comme un des jeux humains, un des multiples plaisirs de la vie.


Les chrétiens


Les chrétiens, de leur côté, vont dans un premier temps réduire la sexualité à la fécondité et au mariage, et prôner le couple monogame indissoluble. Puis ils se sépareront en groupes divergeant sur l'attitude envers la sexualité. Les protestants rejetteront la plupart des interdits comme étant liés au rituel hébreu, donc ne concernant pas les chrétiens, qui, dès l'origine, ont refusé d'être soumis à ces rites. Les catholiques restent rigoristes, se défient du plaisir, condamnent le désir : " quiconque regarde une femme avec désir a déjà commis l'adultère en son cœur ", même s'il s'agit de sa propre épouse souligne le pape Jean-Paul II. Les dirigeants catholiques, dans le Catéchisme de 1992, définissent même la sexualité idéale comme se confondant avec l'amour de charité pour le prochain (c'est-à-dire tous les êtres humains) : mais l'on voit mal ce qui reste de sexuel dans cette charité (Catéchisme, article 2347). Bien sûr, les fidèles ne suivent pas strictement les injonctions extrémistes de leurs dirigeants, et les Français croyants et pratiquants sont à peine moins nombreux que leurs concitoyens non croyants, en pourcentage, à pratiquer des jeux sexuels purement orientés vers le plaisir, comme la fellation, le cunnilinctus, et la différence n'est que de 10 pour cent pour la pénétration anale ; cependant, l'influence des interdits religieux reste forte à propos de la masturbation, car les femmes croyantes sont 65 pour cent à dire ne s'être jamais masturbées, au lieu de 34 pour cent seulement de celles qui ne croient pas (Les Comportements sexuels en France, Alfred Spira dir., 1993, p.131-132).



Les musulmans


Le Coran, le livre religieux des musulmans, ne raconte pas que la femme a causé la perte de l'humanité en poussant l'homme à commettre une faute sexuelle : les musulmans n'ont donc pas une image négative de la sexualité. De plus, alors que les Évangiles ne disent rien de la vie sexuelle de Jésus, on raconte avec beaucoup de détails celle de Mahomet, le modèle que le croyant doit imiter. Les joies du paradis musulman sont aussi fondées sur les joies du corps et sur une sexualité épanouie et exubérante. La pratique de la sexualité est donc une composante importante de la vie du musulman.


Conclusion
Aujourd'hui, les responsables religieux se donnent toujours le droit de proposer un enseignement sur la sexualité, mais deux tendances contradictoires se disputent dans les esprits des fidèles : d'une part, une désacralisation de la sexualité, qui la considère de la même façon que tous les autres plaisirs humains, et amène à la vivre sans tabous, dans une société qui privilégie le bonheur individuel ; d'autre part, une volonté rigoriste, extrémiste, refusant le plaisir, surtout sexuel, dans ce monde, au profit d'un bonheur éternel dans l'Autre Monde.

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