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Phylogenèse de la sexualité

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I
GENÈSE


Deux hypothèses explicatives

Par rapport à l'évolution des espèces et au développement du système nerveux, il existe deux hypothèses phylogénétiques relatives à la sexualité :

L'une relative à l'influence du niveau de complexité du système nerveux sur le comportement sexuel.
L'autre relative au contrôle neural du comportement de reproduction.


A - Sexualité et complexité du système nerveux

En gros, à chaque niveau de complexification du système nerveux au cours de l'évolution, il semble possible d'attribuer l'émergence et le contrôle d'une composante de la sexualité.










La naissance du désir



Néocortex
Adaptation, fantasmes,
Critères de valeur et de
jugement, tabous

Système limbique
Cerveau affectif
Mémoire instinctive
Centre de l'orgasme

Cerveau reptilien
Hypothalamus
Centre du désir
Instincts fondamentaux
Système de plaisir


B - Contrôle neural du comportement de reproduction

Il semble exister une organisation physiologique et comportementale spécifique destinée à assurer la reproduction.
Mais au cours de l'évolution le contrôle supérieur et intégré du comportement de reproduction semble avoir disparu.

Les modifications de l'organisation cérébrale auraient entraîné des changements fonctionnels importants.


Le cas des humains

Seules des séquences comportementales de type réflexe, partielles, isolées, et non coordonnées entre elles auraient été conservées : érection, éjaculation, poussée pelvienne…

Disparition du comportement de reproduction spécifique, contrôlé par des structures neurales spécialisées.
Les nouvelles capacités cognitives suppléent cette disparition par la capacité d'apprentissage de connaissances et d'activités qui permettent, le plus souvent de manière indirecte, la reproduction nécessaire à la perpétuation de l'espèce.


Première conséquence :
La sexualité est 100% naturelle et 100% culturelle

Deuxième conséquence :
L'apprentissage de la sexualité est indispensable : déjà les rats…

Troisième conséquence :
Pour " soigner " les troubles de l'érection ou de l'éjaculation, ne pas oublier que ce sont des phénomènes réflexes.

Quatrième conséquence :

Si le cerveau reptilien est excité de façon très importante, il annihile tout contrôle supérieur.
Si le cerveau humain prend le dessus, le désir reptilien peut être annihilé.


II

ÉTHOLOGIE ET ANTHROPOLOGIE


D'après Sarah Blaffer HRDY, La Femme qui n'évoluait jamais, Petite Bibliothèque Payot, 1981. 2002.

Les théories sont souvent construites pour justifier scientifiquement le statut d'infériorité des femmes et le double système de valeurs en sexualité.

Le stéréotype est que les Femmes sont inférieures aux Hommes : moins audacieuses, - intelligentes, - compétitives, - politiques.

Des explications sur mesure…

Prise de pouvoir par les mâles guerriers ;

Garçons rejettent le féminin pour se construire ;

Femmes et Nature, donc inférieures aux Hommes liés à la Culture ;

Hommes chasseurs, libérés des enfants, monopolisent la nourriture.

MAIS
Ces théories ne peuvent pas expliquer le caractère général de l'inégalité sexuelle dans la nature : la dominance des mâles caractérise plusieurs centaines d'autres espèces de primates ! (et les exceptions sont rares).

Les humains sont des primates

Ce qui rapproche les humains des autres primates est bien plus important que ce qui les différencie : même façon de percevoir le monde et de traiter les informations, mémoire, émotions…
Mais la femelle humaine est bien moins favorisée que les autres : aucune d'elles ne dépend des mâles pour son alimentation de base ; aucune n'est contrôlée par des mâles (frères, pères = 80% des sociétés humaines).


Erreur des théoriciens

Privilégier la compétition entre mâles pour la possession des femelles sans observer ce que font les femelles.
Négliger le fait que la sélection naturelle favorise les femelles sûres d'elles, actives sexuellement, hautement compétitives, manipulant adroitement leurs compagnons, et plus préoccupées d'accéder à un statut social élevé que de fabriquer et de porter un bébé.

OR
On ne trouve nulle part de femelle primate si absorbée par l'élevage des petits qu'elle serait incapable de participer à l'organisation sociale du groupe.

Les FP se consacrent avec autant d'énergie à la reproduction et à la compétition pour acquérir un statut social élevé, qui donne accès aux aliments (>gestation, lactation) et à la protection des petits. Le statut devient une fin en soi.

En fait, le principe organisateur central de la vie sociale des primates est la rivalité entre (lignées) femelles.

Les Femmes aussi compétitives que les autres Femelles primates

Mais il faut étudier comment les femmes se battent dans les domaines qui comptent vraiment pour elles, et avec quels moyens.

D'ailleurs : pourquoi les femmes qui n'ont pas de lien familial trouvent difficile de travailler ensemble longtemps ? Comment expliquer l'incapacité des femmes à faire alliance ? (elles s'identifient davantage à leur famille qu'à leur propre sexe).

La sexualité affirmée ne serait pas un facteur positif d'évolution chez les femelles, au contraire des mâles.

Toutes les F se reproduisant au maximum des possibilités, il n'y a pas là de sélection naturelle.
La fonction de la copulation est de se faire inséminer.

Les caractéristiques sexuelles féminines assurent la stabilité du couple et l'investissement paternel.


Or les FP agissent de même…

Les FP copulent dans des situations où la procréation est impossible (puberté, grossesse), et ont beaucoup plus d'actes sexuels et de partenaires qu'il n'en faut pour procréer.

Les primates monogames n'ont pas de vie sexuelle plus importante que les célibataires.

Dissimuler l'ovulation permet de copuler avec plus de mâles, donc de diminuer les risques pour les petits, et de provoquer des contributions favorables à la survie ou au statut.

Un cas particulier : le clitoris.

Les FP connaissent l'orgasme hétéro ou homo.

Mais à quoi peut bien servir l'orgasme des FP ?

La physiologie du clitoris, qui engendre rarement l'orgasme au bout d'une seule copulation, s'explique si on imagine que la sexualité des FP a évolué pour accroître leurs chances de succès reproductif en renforçant les chances de survie de leur progéniture : courir après les mâles, pour multiplier les copulations et les orgasmes, et multiplier les protecteurs.

Conclusion négative

Les femmes, dans bon nombre de sociétés humaines, ont une position nettement pire que celles des femelles de primates non humains : infanticide des filles, claustration des femmes, infibulation, surveillance étroite de leur vie sexuelle…

Aucune société primate n'agit ainsi envers un sexe (rarement envers les faibles, jeunes, handicapés, très âgés).

Conclusion optimiste

Les droits de " l'homme " sont progressivement étendus aux deux sexes.

De toutes les femelles, c'est chez les femmes que le potentiel de liberté et les chances pour chacune de contrôler sa propre destinée sont les plus élevées.

Yves Ferroul

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