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Niveaux d'organisation de la sexualité



Pour chaque individu, dans le cadre imposé par son appartenance à l'espèce humaine (cf. Éthologie), et dans l'étroite dépendance des caractéristiques de la sexualité humaine (aucun comportement imposé, enrichissement essentiel par le jeu, cf. Caractéristiques), la sexualité va se construire tout au long de sa vie en s'organisant à trois niveaux interdépendants.


1- Le niveau organique


Le premier niveau, la base de tout l'édifice, est le niveau organique.

Vivre sa sexualité suppose de disposer d'un corps en bon état de fonctionnement sur les plans anatomique, physiologique, et neuropsychiatrique.

- l'intégrité anatomique permet d'avoir les éléments corporels nécessaires aux pratiques sexuelles.

- le bon état physiologique procure toutes les substances dans notre organisme a besoin pour fonctionner : éléments du sang, hormones, molécule de liaison entre les neurones...

- le cerveau qui commande et régule l'ensemble de nos comportements doit lui aussi être en bon état de marche.

Si le niveau organique est suffisamment bon, des comportements sexuels pourront être mis en oeuvre et leur répétition pourra s'inscrire dans la mémoire, ce qui rendra l'apprentissage positif.

Bien sûr, il reste profondément humain de tenter de contourner toute déficience organique, tout traumatisme, d’en jouer, de construire malgré tous les obstacles une vie sexuelle intéressante.


2- Le niveau affectif


Dans l'évolution des espèces, à partir des mammifères, apparaît un « cerveau affectif » rendu nécessaire par la vie sociale et le long élevage des petits. Tout apprentissage va donc être coloré d'affectivité : on répète l'action agréable, on évite l'action désagréable, douloureuse ou perdante, et surtout on tient compte non seulement de sa propre réaction, mais aussi de celle de l'autre. La sexualité sera donc marquée par les émotions que les différentes phases d'apprentissage auront suscitées, en soi et chez autrui. Ce qui la rend particulièrement fragile, sensible à toute atteinte affective, à toute réaction émotionnelle personnelle ou venant de l'entourage, notamment de l'autre dans un couple, à toute variation dans l'équilibre psychologique.

Là aussi les humains ne vont pas accepter passivement les aléas de la vie, mais mettre en oeuvre des stratégies de compensation, de réapprentissage, de détournement des péripéties et accidents afin de garder, de retrouver ou de conquérir leur équilibre affectif.


3- Le niveau socioculturel


L'organisme et l'affectivité ayant permis l'apprentissage, le contexte affectif étant suffisamment bon pour que l'activité sexuelle soit envisageable, il reste à la réaliser dans une société particulière dont les éléments culturels relatifs à la sexualité sont déterminants. En effet toute société joue un très grand rôle dans la sexualité des individus, car elle intervient en de multiples domaines qui définissent ce qui est possible ou souhaitable pour eux, ainsi que ce qui est réprouvé, interdit, punissable par la loi.

Les priincipaux domaines où la société intervient sont : la contraception, l’interruption volontaire de grossesse, l’homosexualité, le PACS, l’adoption, les opérations de changement de sexe, les changements administratifs d’identité, l’âge de la majorité sexuelle ou du mariage, le viol, le harcèlement sexuel, les tenues vestimentaires, la prostitution, etc., autant de points sur lesquels les sociétés légifèrent et par lesquels elles déterminent de façon différente les cadres à l’intérieur desquels leurs membres pourront vivre leur sexualité.

La société intervient aussi avec la place respective qu’elle accorde aux hommes, aux femmes, aux enfants ou aux couples ; avec ses habitudes culturelles (lieux de rencontre, formes d’éducation sexuelle, liberté adolescente, cohabitation juvénile…) ; avec les moyens techniques (contraceptifs, thérapeutiques, mécaniques) dont elle dispose ; avec les histoires qu’elle se raconte, les idées qu’elle laisse circuler sur l’amour, le bonheur, la vie idéale… Les romans, les films, les feuilletons de la télévision, les chansons jouent un grand rôle dans le façonnement des imaginaires et des sensibilités : ainsi, Les nuits fauves ou Lolita, Et Dieu créa la femme ou La fureur de vivre, La petite fille dans la prairie ou Dallas, David Bowie ou Claude François restent liés chacun à des générations particulières.

Les citoyens doivent accepter les règlesde leur société, ce qui n'exclut pas l'examen de leur validité, ni leur remise en cause et la lutte pour les changer éventuellement : par exemple, à la fin du XXè s., les contestations ont amené la suppression de l'interdiction de la publicité pour les moyens contraceptifs, l'alignement des lois concernant les pratiques homosexuelles sur celles de l'hétérosexualité, la prise en compte comme délit du harcèlement sexuel, etc. Le jeu individuel avec les idées reçues du groupe social, avec ses tabous, fait aussi partie de la sexualité, la totale conformité avec les stéréotypes sociaux n'étant pas un idéal humain (sinon nos comportements sociaux n'auraient pas changé comme ils l'on fait depuis la nuit des temps). Mais cette remise en cause continuelle de la loi ne légitime pas sa transgression sous prétexte que, personnellement, on ne trouve pas "normal" tel ou tel interdit : les pédophiles, notamment, abusent de cette argumentation pour se justifier, alors que la quasi totalité de la population trouve positif de préserver les enfants de la sexualité des adultes, ce qui leur ôte le droit de s'affranchir de la loi.


Conclusion

La qualité du niveau organique est la base matérielle sur laquelle, et avec laquelle, se construit, pour chacun de nous, tout au long des expériences de la vie, notre sexualité personnelle. Notre personnalité sexuelle est donc modifiée constamment, jamais figée, à inventer et à construire jour après jour, quels que soient les aléas de la vie. Et nous mettrons en oeuvre notre sexualité dans le cadre que nous offrira notre société, cadre que notre nature humaine nous poussera à transformer, à faire bouger, à manipuler, mais cadre nécessaire à notre structuration individuelle et à notre épanouissement social.


            Yves Ferroul
            

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