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La Tradition a-t-elle toujours condamné l'homosexualité ?


La Tradition a toujours déclaré que les actes

d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés

(Catéchisme de l'Église catholique, 2357)


(Premiers éléments de réflexion)


En 1051, un réformateur religieux qui fut canonisé, Pierre Damien, écrit au pape un dossier, Le livre de Gomorrhe, afin de justifier la condamnation des membres de la hiérarchie ecclésiastique homosexuels : ils doivent être démis de leurs fonctions et de leurs charges, on ne doit pas recruter quelqu’un que l’on sait être homosexuel. Pour convaincre l’autorité, il est évident que ce religieux a recherché tous les arguments qui pouvaient lui servir : or il ne trouve à citer qu’un seul texte de l’autorité de l’Église pour cautionner sa démarche. Mais là encore il y a confusion : la traduction latine est fautive par rapport à l’original grec qui ne parle pas du tout d’homosexualité (ce que Pierre Damien ne pouvait pas savoir, mais qui pour nous anéantit son argumentation). Et le décret cité date du concile d’Ancyre de 314 : le réformateur a dû remonter à 750 ans en arrière, parce qu’il n’a trouvé aucun texte plus récent ! Les faits sont là : pendant tout le haut Moyen Âge, il n’y a pas eu de texte du magistère romain condamnant l’homosexualité.

Mais ce n’est pas tout. Le pape Léon IX, en termes très diplomatiques, fait comprendre à Pierre Damien qu’il est prudent de ne rien changer aux dispositions existantes, et qu’il n’y a pas de raison de démettre ceux qui se confessent et se repentent : l’urgence du problème ne semble pas l’avoir frappé. Le pape suivant, Alexandre II, qui avait engagé une réforme des mœurs du clergé, a-t-il, lui, sauté sur l’occasion pour éliminer une « dépravation grave » ? Il demande son traité à Pierre Damien et le garde enfermé dans son secrétaire, sans le lui rendre, afin qu’il ne puisse pas le faire circuler. Et au synode de Latran de 1059 les pères suivent Pierre Damien dans toutes ses propositions de réforme du clergé, sauf à propos de l’homosexualité : toujours pas de texte la condamnant.


En 1102, le concile de Londres s’attaque à l’homosexualité : « les sodomites sont frappés d’un grave anathème… », les religieux ne peuvent monter en grade ni même conserver leur poste, les laïcs, « dans tout le royaume d’Angleterre », sont privés de leurs dignités. Mais saint Anselme, archevêque de Canterbury, primat d’Angleterre, interdit de publier cette décision du concile : elle ne fut sans doute jamais promulguée puisque cinquante ans plus tard un clerc anglais, Jean de Salisbury, traitant de l’homosexualité, ne peut toujours citer aucun texte de l’autorité ecclésiastique. L’argumentation de saint Anselme est à retenir : « il faut prendre en compte que ce péché a eu jusqu’ici un caractère si public que c’est à peine si quelqu’un en est embarrassé, et beaucoup se sont laissés aller à le commettre parce qu’ils n’avaient pas conscience de sa gravité ».

Au douzième siècle, un archevêque canonisé affirme que l’on ne sait pas dans la population générale que l’homosexualité est un péché.


Douze siècles sur vingt sans condamnation, soixante pour cent de la durée de la Tradition.

Une seule conclusion s’impose : la Tradition n’a pas toujours vu dans les actes d’homosexualité des « dépravations graves », et ne les a pas toujours déclarés « intrinsèquement désordonnés ».


Yves Ferroul

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